A propos de Jules Colsoul

Nous tentons ici une biographie sans prétention de l'abbé Jules Colsoul. Elle est réalisée sur la base de souvenirs familiaux et d'informations généreusement transmises par le service des archives de l'Évêché de Liège.

Naissance

L'abbé Jules Colsoul est né le 2 octobre 1931, à Jemeppe-sur-Meuse dans une famille dont il est le septième enfant. Au moment de sa naissance, sa famille porte encore le deuil du décès de sa sœur, Nicole, qui aurait été de 18 mois son aînée, mais décédée quelques semaines plus tôt.

Une vocation se dessine

Durant ses études secondaires, il mène sa scolarité au Collège Saint-Martin de Seraing, où il a effectué des humanités gréco-latines.
Ses premières années d'études (1943-1945) sont marquées par la guerre, l'occupation, puis les alertes aux bombes volantes (V1/V2) qui perturbent régulièrement la vie à Liège et dans sa périphérie industrielle.

Sa famille comprend très rapidement la naissance d'une vocation remplie de convictions : adolescent, dès qu'il en avait le temps, il se rendait à l'église de Jemeppe-sur-Meuse, sa paroisse.

Une fois diplômé de Rhétorique, en 1949, il entre au séminaire de Saint-Trond. Pendant deux ans, il y étudie la logique, la métaphysique, l'éthique et la psychologie rationnelle, très largement basées sur la philosophie scolastique de saint Thomas d'Aquin. Ce sont les années de « philosophie ».

Ensuite, il rejoint le Grand Séminaire de Liège. Les études de théologie y durent quatre années. Le programme est lourd et basé sur des supports majoritairement en latin : théologie dogmatique, théologie morale, droit canonique, histoire de l'Église et exégèse des Écritures Saintes. Cette formation est largement marquée par la tradition d'avant le Concile Vatican II.

Ce long parcours est malheureusement interrompu par une grave maladie. Elle ne l'écartera toutefois de la voie qu'il avait choisie. Au terme de sa quatrième année de théologie, le 7 juillet 1957, il est ordonné prêtre par l'évêque, Mgr Louis-Joseph Kerkhofs, en la cathédrale de Liège.

Les premières responsabilités pastorales

Fraîchement ordonné à sa sortie du Grand Séminaire, il commence sa vie pastorale comme vicaire sur la colline liégeoise de Cointe. En 1960, il deviendra vicaire au Thier-à-Liège, un quartier situé sur les hauteurs de la rive gauche.

En 1969, l'évêque lui confie sa première charge de curé à Profondval, situé dans la région liégeoise (Flémalle).

Au début des années 70, son église avait été sélectionnée par la RTB (pas encore RTBF à l'époque) pour une retransmission télévisée en direct de la messe du dimanche. C'était encore pour la TV en noir et blanc. Il avait apprécié participer à tous ces préparatifs, parmi les cars de télévision présents déjà quelques jours auparavant, les répétitions, …

Un engagement au long cours

En 1973, son évêque lui confie la paroisse de Robermont. Il nous avait expliqué avoir demandé un mandat « long » afin de pouvoir travailler en profondeur et construire quelque chose de durable avec cette communauté. Il y restera jusqu'à sa pension.Accueil

se donnera sans compter, à la fois pasteur et gestionnaire. La tâche est immense : les écoles catholiques, les scouts, le patro, la chorale, le groupe « Vie montante », … À tel point que le presbytère de Robermont se transformera en secrétariat, comptant jusqu'à trois secrétaires. À cette époque, il comparait également son métier à celui d'un dirigeant d'entreprise. Il se met à l'heure de l'informatique (il va suivre des cours de WordPerfect – traitement de texte bien connu). Il ne compte pas son temps. Il travaille sept jours sur sept.

Il trouvera une compensation durant le mois de juillet, en allant se reposer au collège franciscain de Monaco. Il y assure le service des messes tandis qu'un remplaçant prend en charge la paroisse de Robermont. Ce sera à plusieurs reprises l'abbé Melki, prêtre libanais, qui venait se reposer à Liège de la guerre à Beyrouth. (L'abbé Melki est devenu Mgr Melki, évêque à Beyrouth). Avec lui, il maintiendra durant des années une relation de profonde amitié et de communion de prière.

La fancy-fair de Robermont était une source de revenus essentielle pour la paroisse. Il ne tournait pas autour du pot : la messe en plein air se terminait par un franc « aujourd'hui, c'est votre portefeuille qui nous intéresse. N'hésitez pas à dépenser sans compter ! ». En revanche, lors de la vigile pascale, il remettait un petit cadeau à chaque participant (une petite icône, une fleur, un mini ballottin de pralines, …) en disant « Nous vous sollicitons toute l'année. Aujourd'hui, nous vous remettons un petit cadeau ! ».

Une vocation jusqu'au dernier jour

En 1998, une fois l'éméritat accordé, il déménagera vers Jupille-sur-Meuse où il rendra encore des services à la paroisse. Il est encore disponible pour des célébrations au grand centre funéraire du cimetière de Robermont et assure le service liturgique à la clinique Notre-Dame des Bruyères.

En 2004, l'âge étant là, il se retirera à la maison de repos de Mehagne (Embourg). Il offrira encore aux sœurs de la communauté le service de messes.

Frappé par la maladie, il s'y éteindra le 16 mars 2011, à l'âge de 79 ans. Ses funérailles seront célébrées le 29 mars 2011, en l'église du Sacré-Cœur de Robermont : une célébration lumineuse, dont il était encore le dix septième prêtre célébrant, devant ses anciens paroissiens et sa famille.

Jules Colsoul a été formé dans l'Église d'avant Vatican II. Séminariste ou jeune prêtre, il a donc porté quotidiennement la soutane. Il a cependant exercé l'essentiel de son ministère après le Concile (1962-1965). Il avait pleinement intégré le renouveau liturgique : langage accessible, participation active des fidèles, multiplication des lecteurs, prières universelles très ancrées dans l'actualité humaine et sociale, disponibilité aux jeunes, … Il lui plaisait aussi de paraître comme tout le monde, sans signe distinctif.

L'ouverture aux jeunes était essentielle pour lui. Je me souviens d'une visite de ses scouts lors d'un camp sur le Semois : il ne fallait pas longtemps pour le voir apparaître, en maillot de bain, au milieu de la rivière, avec les éclaireurs. Lors de la fancy-fair, il distribuait à tous les jeunes qu'il croisait une poignée de jetons pour les autos-tamponneuses.
Un de ses neveux

Il a connu et contribué à construire les années où la vie paroissiale et les célébrations rassemblaient encore une grande partie de la population : une église toujours comble lors de la messe du samedi soir à 19 heures, trois messes matinales le dimanche, dont la fameuse « messe de midi » qui avait le don de retarder tous les repas de famille et encore une messe à 18 heures 30, qui nécessitait chaque fois son départ précipité. Au cours de son ministère, il a été témoin d'évolutions profondes de la société et du recul progressif de la pratique religieuse. Plutôt que de se replier sur la nostalgie d'un passé révolu, il semble avoir cherché à rejoindre les hommes et les femmes de son temps dans leurs préoccupations concrètes et à assurer la continuité de son ministère dans une foi demeurée intacte, mais laissant toujours la place au questionnement et à l'altérité.

Souvenir Jules Colsoul

Remerciement distribué lors du décès de l'abbé Jules Colsoul.

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